*OCT 2020 Iles Lavezzi et Corse du sud

2020-10-25

Nous sommes toujours en Corse et après la cote Est nous progressons sur la cote Ouest. Ce sont nos derniers jours sur les rivages français. Quelles seront nos prochaines escales ? Bien que très privilégiés par rapport à ceux qui sont bloqués chez eux, ou ceux qui sont tenus de porter un masque toute la journée ou encore ceux qui n’ont plus de travail, il faut reconnaitre que le COVID ne nous simplifie pas la croisière. l’Italie demande un PCR de moins de 72H pour pouvoir y débarquer, et les conditions de couvre feu et autre re-confinement sont tellement volatiles d’une semaine à l’autre et d’un pays à l’autre qu’il est difficile de prévoir un itinéraire. Nous pensons néanmoins rejoindre et visiter la Sicile très prochainement sans visiter la Sardaigne que nous garderons pour notre retour. Notre première préoccupation aujourd’hui que l’été s’éloigne est de trouver un bassin de navigation où il fait chaud l’hiver.

Le dimanche 18 nous chargeons l’annexe sur le pont avant et en route pour les iles Lavezzi. Après 2h de navigation au moteur nous arrivons devant la crique Di PALMA sur l’ile de CAVALLO, qui est la plus grande ile de l’archipel et qui est la seule à être habitée.

C’est un bassin minuscule d’environ 200m de diamètre, MR y entre juste mais ne dispose pas de place pour éviter si le vent se met à tourner. L’eau y est turquoise et il est entouré de somptueuses villas les pieds dans l’eau: C’est un endroit très intimiste et nous y sommes seuls. Pour y entrer, c’est un peu le parcours du combattant pour éviter les rochers et ‘patates’ à fleur d’eau voire immergés qui rendent l’accès difficile pour un voilier comme MR, mais le soleil nous a permis de nous y glisser grâce à la légendaire limpidité de l’eau de méditerranée.

Nous y mouillons par 3m d’eau pour déjeuner, Valérie s’y est même baignée.

Nous repartons plus tard dans l’après-midi en direction de la crique sud de la deuxième ile : l’ile LAVEZZI. C’est un amas de rochers de granit et de sable qui nous fait penser à l’atelier de menhirs d’Obélix. La crique sud, cala DI U GRECU, est coincée entre ces gros blocs de granit. Nous y entrons et découvrons un mouillage lunaire dans lequel il y a déjà un catamaran mais nous arrivons à mouiller correctement pour la nuit. Un moment plus tard un autre catamaran arrive et mouille sur notre ancre, là il n’y a plus la place pour éviter, nous avons deux solutions, soit nous lui demandons de partir (mais ça n’a pas l’air d’être son intention première), soit nous repartons.

Vu que l’accès au sable est extrêmement restreint du fait que nous sommes dans une réserve naturelle du style Banc d’Arguin, nous choisissons la deuxième option et nous rejoignons la côte sud de la Corse sous l’ile PIANA.

Toutes ces iles sont classées parc naturel. Nous y passons la nuit après avoir dégusté un délicieux risotto aux ceps préparé par MER et arrosé d’un bon vin corse. 

Le lundi 19 nous descendons sur l’ile Piana et nous en faisons le tour. La progression se fait entre rochers et sable. De retour au bateau Valérie et Richard se mettent à l’eau. Elle est encore bonne 20.5° (comme au bassin d’Arcachon en été). 

Gus et Valérie doivent prendre leur avion de retour mercredi 21 à Ajaccio. Nous devons nous rapprocher de la civilisation pour qu’ils puissent rejoindre leur aéroport.

Nous mettons naturellement le cap sur Bonifacio, étape touristique incontournable du sud Corse.

Vers 16h nous entrons dans le superbe fjord qui abrite notre port de destination et arrivé au fond, un zodiac de la capitainerie nous attend pour nous aider à amarrer au quai d’honneur.

L’escale est chère mais le service est irréprochable. Valérie et MER cherchent à réserver un transport pour l’aéroport  mais visiblement il n’y a rien qui convienne. Nous profitons de notre fin d’après-midi pour découvrir la vieille ville ainsi que la citadelle toutes deux bâties sur les hauteurs de la cité.

Le soir nous dinons au légendaire restaurant de spécialités corses: le Kissing Pig.

Le mardi 20 au lever, nous décidons d’aller prendre notre petit déjeuner à la terrasse d’un bar voisin. Il y a au moins 20 bateaux d’excursion amarrés non loin de nous qui commencent à embarquer les touristes pour leur faire visiter les calas et grottes naturelles qui dessinent la côte environnante. Valérie et MER, toujours en recherche d’un moyen de liaison vers l’aéroport trouvent un bus au départ de Propriano à 35 MN de là.

Nous repartons donc en milieu de matinée toujours sous le soleil en direction de Propriano, le vent souffle de Sud-Est 20kts et nous propulse en vent arrière à plus de 8kts.

 Arrive 13h, il est l’heure de gouter (enfin) à la charcuterie corse que les filles nous ont acheté. Nous nous déroutons vers Cala Di Consa un petit trou dans le maquis de la côte dans lequel MR BEELZEBUTH rentre « au chausse pied ».

C’est encore un endroit superbe où MER se jette à l’eau avant de déjeuner.

La planche de charcuterie corse que nous ont préparé les filles est très appétissante au point qu’une multitude de mouches nous a envahit.

Puis nous repartons vers le port de Propriano. C’est notre dernière escale en compagnie de nos invités qui ont déjà localisé l’arrêt de bus pour demain 8h30.

Pour célébrer la fin de leur séjour parmi nous, nous allons diner avec des spécialités corses au restaurant le RESCATOR. Le patron y est accueillant malgré un restaurant vide dans lequel nous sommes les seuls clients. La carte y est restreinte en raison du COVID de cette fin de saison, mais nous y mangeons très bien.

En rentrant au bateau, nous comptions danser à bord mais MER a eu la malchance de mettre le pied entre deux pontons et de s’y blesser à la cuisse (un bel hématome ornera sa jambe dans les jours qui suivront), résultat : glaçons pour sa jambe et pour nous dans le gin tonic !!! La danse a été remplacée par une chasse aux mouches qui ont élu domicile à bord.

Le mercredi 21 lever à l’aube, nous petit déjeunons tous les quatre avant de nous quitter.

Gus et Valérie partent rejoindre leur bus et nous préparons le bateau pour repartir (lessives, ménage, courses, cuisine…) Bref, nous finissons les pleins d’eau et quittons le port vers 18 heures à destination de la crique de CAMPOMORO à l’entrée du golfe de Propriano. Un fort vent d’Est nous pousse sous génois seul vers notre mouillage. Nous y arrivons juste pour profiter d’un beau coucher de soleil entouré par la mer et les nuages.

Là, MER nous prépare un menu (light) pour récupérer notre poids, car le solde des 10 jours passés est de +2 kilos chacun. Nous reprenons notre rythme alimentaire: petit-déjeuner copieux, pas ou peu de déjeuner le midi et diner le soir. Ce soir ce sera quand même un peu de charcuterie corse avec de la salade.

Le jeudi 22 après avoir bien dormi, bien protégés du vent d’Est qui a soufflé toute la nuit, nous mettons l’annexe à l’eau et descendons marcher sur la plage. L’hématome de MER est toujours très douloureux. Finalement nous dépassons la longue plage et continuons de marcher sur le sentier littoral vers la tour génoise qui surplombe la baie.

Cette tour s’inscrit dans un ensemble de plus de cent tours  placées sur les caps de la Corse. Elles ont été construites au XVIème et début du XVIIème siècle et destinées à prévenir la population de l’arrivée de pirates ou corsaires,  pour la plus part trucs, afin qu’elle puisse rejoindre le maquis avant de se faire capturer et emmener comme esclaves.

Belle promenade de laquelle nous rentrons la faim au ventre. A 15h, nous déjeunons avec seulement une salade de roquette et une aubergine farcie façon MER. Puis nous préparons la venue des Biboux qui viennent passer le WE en Corse du sud. Nous préparons également nos futures destinations, mais le temps devient plus incertain. Nous ne retrouverons des conditions de navigation correctes que mercredi prochain. En attendant nous scrutons le ciel et analysons les météo les une derrière les autres pour construire notre parcours.

Le vendredi 23 nous quittons CAMPOMORO pour PORTO POLLO et TAVARO, deux anses de l’autre coté du golfe de Propriano. Le soleil a du mal à percer la couche laiteuse des nuages. La mer est d’huile. Nous mettons le moteur en route, tiens un bip retentit et un code erreur s’affiche sur l’écran de contrôle ! Il y a juste une semaine que nous étions tranquilles avec ce moteur. MER étudie le code MID 128 PID 97 FMI 9, elle traduit le message du calculateur qui nous dit que nous avons de l’eau dans le gas-oil. Conclusion : nettoyage obligé du circuit. Richard qui déjà perdu 1kilo superflu a une envie folle de pizza. Nous contactons toutes les pizzerias locale aucune n’est ouverte: c’est un complot !!!   A TAVARO nous quittons MR pour aller à l’épicerie locale faire quelques courses dont une pate à pizza que MER va réaliser ce soir. Notre tender glisse à presque 20kts sur un miroir d’eau pour nous déposer à la plage voisine. Au retour Mer va ramasser quelques trésors de coquillages rares et de bois flottés aux formes des plus inattendues pour créer ses tableaux qu’il faudra bien exposer un jour ! Pendant ce temps Richard purge le circuit de GO. La journée se termine doucement, le ciel se charge de nuages gris ce qui ne présage pas d’une belle journée pour demain.    

Le samedi 24 les BIBOUX ainsi que MATHIEU et sa famille nous rejoignent pour aller se balader. Nous nous équipons (short, t-shirt, sac à dos et chaussures de marche) et nous voilà partis sur les chemins du maquis corse. Heureusement la météo s’est trompée, il fait très beau et le vent rafraichit l’atmosphère juste ce qu’il faut pour ne pas trop transpirer. Nous pensions qu’avec les enfants la balade serait facile, mais pas du tout nous gravissons la colline au dessus de Porto Pollo, pour redescendre vers la cala voisine sur un parcours rocailleux et parfois abrupt (AH ! ce n’est pas notre promenade en tongs de jeudi).

Après deux heures de marche nous faisons enfin la halte déjeuner au bord de l’eau. Les sacs s’ouvrent et laissent apparaître des quiches, tapenade, des beignets et autres bières et bouteilles de vin. C’est magique et MER est ravie car pour une fois elle n’a rien organisé et nous nous sommes laissés porter. Richard ôte ses chaussures et là ’quand le marin se met à marcher, les ampoules lui éclairent les pieds’.

Dans l’après-midi, le retour est plus facile car nous empruntons le sentier du littoral, MAT a eu pitié de sa tribu. Enfin arrivés au point de départ le téléphone de Richard le félicite pour cet exercice physique dont il n’a pas l’habitude. Nous avons effectué une randonnée d’environ 10km. Puis tout le monde rentre avant l’heure du couvre feu.

Demain, nous attendons nos amis à CAMPOMORO pour aller déjeuner dans une cala voisine, mais en BATEAU cette fois.

à suivre ….